Les Oscars du Sport : une soirée marquante
Comme chaque année depuis 1963, les Oscars « Sud Ouest » du sport ont célébré, lundi 10 décembre, les sportifs de la région qui se sont illustrés au cours d’une année 2024 exceptionnellement riche. La Cité du Vin, à Bordeaux, a été le cadre prestigieux de cet événement réunissant athlètes, médias et grandes entreprises du Sud-Ouest.
Une semaine après un stage intensif et trois jours après ma rencontre avec l’une de mes idoles, Boris Diaw, je me rends à cette cérémonie mythique. Qui de mieux que Tony Estanguet pour ouvrir cette édition 2024 ? Via une vidéo, le Béarnais, président du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, a partagé son « honneur » de parrainer cette édition, évoquant une « saveur particulière » pour lui qui avait déjà été récompensé par le passé en tant que triple champion olympique de canoë.
Quand le rêve devient réalité
Au cœur d’une soirée rythmée par les présences de grands noms du sport et de nombreux médias tels que France Télévisions, Canal+ ou Rugbyrama, l’essence même de cet événement restait les sportifs eux-mêmes, dont plusieurs médaillés des Jeux olympiques de Paris 2024. Fraîchement intégré à TV7, j’ai eu à peine le temps de me familiariser avec ma caméra que je devais déjà voler de mes propres ailes sur ce qui est sans doute le plus grand événement du groupe Sud Ouest de l’année.
Est-ce que ce n’est pas le rêve de tout journaliste sportif de couvrir un tel événement ? Au-delà de filmer la cérémonie, ma mission principale était d’interviewer les sportifs récompensés. Parmi eux : Sarah Steyaert, médaillée de bronze en 49er avec Charline Picon, Laurent Chardard, double troisième en natation paralympique, Manon Genest, elle aussi en bronze en saut en longueur aux Jeux paralympiques, Raphaël Ibanez, ancien sélectionneur du XV de France, Maxime Lucu, capitaine de l’UBB et international français, Agathe Sochat, championne de France de rugby avec les Lionnes de Bordeaux, sans oublier l’équipe de France de rugby de 1984.
Passer d’admirateur à intervieweur de ces athlètes de renom fut un véritable challenge. Face à mon manque d’expérience en journalisme et en manipulation de la caméra, j’ai dû être réactif et efficace dans un temps restreint. Quand la cérémonie s’achève, submergé par l’émotion, j’en oublie presque ma mission. La réalité me rattrape rapidement : il faut interviewer les héros de la soirée. Et bien sûr, rien ne se passe comme prévu… Une minute après le début de mon entretien avec Maxime Lucu, je me rends compte que ma caméra ne tourne pas. Heureusement, dans un geste que je n’oublierai jamais, le capitaine de l’UBB accepte de tout reprendre depuis le début.
Des médaillés olympiques comme premier entraînement
Cette expérience, aussi stressante qu’elle ait pu être, m’a offert une formation accélérée. Dans ce type d’événement, les athlètes ne savent pas que c’est ta troisième fois avec une caméra et que tu n’es « que » en deuxième année de journalisme. À cet instant, il n’y a plus d’écart entre nous : c’est un sportif et un journaliste qui échangent. Ces rencontres avec des médaillés olympiques et des champions m’ont fait grandir, me rappelant que rien ne vaut l’expérience du terrain. J’ai réalisé que la clé de ce métier, comme dans le sport, est l’adaptation.
Autre leçon tirée de la soirée : les sportifs sont avant tout des humains, comme moi. Beaucoup ne sont pas à l’aise devant la caméra, et c’est aussi mon rôle de les mettre en confiance. Comment ne pas ressortir grandi et plein d’assurance après avoir échangé avec ceux que l’on admire habituellement à travers un écran ? Et lorsque des médaillés olympiques te disent « merci pour cet échange, à bientôt », cela prend une dimension particulière.
« À bientôt«
Qui aurait cru qu’à 21 ans, j’aurais l’opportunité d’interviewer des médaillés olympiques et des champions de France ? Cette soirée du 10 décembre a été un tournant dans mon stage. Elle a confirmé ma vocation : le journalisme sportif est bien le métier que je veux exercer. Mieux encore, j’ai pris conscience que ce stage allait me réserver des expériences que je pensais jusque-là réservées à mes rêves.
Les Oscars du Sport m’ont donné l’énergie et l’envie de travailler chaque jour pour progresser et faire en sorte que le « à bientôt » de Raphaël Ibanez ne soit pas qu’une simple formule de politesse, mais bien une promesse d’avenir.