« Que deviens-tu ? »

Quand tu étais jeune, tu prenais ce que tu avais à prendre”

Un des artisans de la montée historique de l’Etendard de Brest en Pro A, Cédric Gomez (40 ans) est passé des bancs des salles de basket aux bancs de l’école en passant par les abords des piscines… En Suisse.

  1. Sa carrière

20 ans se sont écoulés depuis la montée de l’Etendard de Brest en Pro A, en 2004. Une année historique avec 17 victoires consécutives, un record national jamais atteint à ce jour. Cédric Gomez faisait partie de la “Breizh Team” cette année-là. “Tout le monde avait compris son job, on faisait ce qu’il fallait pour gagner. Il y avait une super ambiance” confie “Supermez”, surnom donné par Jacques Monclar lors d’un match télévisé. Après cinq ans à Brest, l’ariégeois s’exile à Poitiers. “J’ai eu la chance d’avoir les clés du camion comme on dit”. Il a tout connu là-bas, la montée en Pro A, les Playoffs. Et après, le début de la fin. Son départ de Poitiers à Nantes (Pro B) s’est soldé par une année de blessures… Une tendinite et une fissure dans le genou et une tendinite à chaque talon. “Je n’arrivais pas à jouer, j’étais nul. Je ne pouvais pas courir”. Il s’en ai suivie trois mois à Chartres (Pro B) mais le meneur souhaitait se rapprocher de sa copine… En Suisse, là où il finit sa carrière, en 2016, au niveau amateur pour s’amuser. Même si “honnêtement, j’aurais pu jouer en Ligue A Suisse le niveau n’est pas très dingo” avoue-t-il.

  1. Sa reconversion

Finis les parquets et place aux abords des piscines. Après sa retraite, Cédric Gomez se devait d’obtenir un travail pour disposer d’un titre de séjour. Son choix s’est porté sur un diplôme de maître nageur. “C’est un diplôme qui s’obtient en un week-end et comme il y a pleins de piscines et de bain thermaux ici”. Un métier qu’il effectue pendant six annuités. Mais Gomez avait un projet en tête depuis un moment. A 39 ans, il est de retour sur les bancs non pas d’une salle de basket mais de l’école pour devenir instituteur chez les tout petits. “Ce n’est pas simple de retourner à l’école 20 ans après. Sachant que j’ai 2 petites qui sont en bas âges. Ma deuxième avait 2 mois quand j’ai repris les cours. Cela fait maintenant un an et demi qu’il a repris l’école et il lui reste un an et demi pour valider son diplôme.

  1. Son port d’attache aujourd’hui

L’ancien meneur de jeu de l’Etendard, vie avec sa petite amie et depuis peu ses deux petites de 3 ans et demi et 2 ans en Suisse. Entre les études et la vie de famille, l’heure n’est pas au retour dans l’hexagone d’autant plus que le diplôme qu’il passe n’y est pas reconnu. Même s’ il l’admet “je n’ai pas assez cotisé, je n’aurai peut-être pas assez de sous pour passer ma retraite ici” (rires). En attendant, il revient dès qu’il à un moment dire bonjour à sa famille en Ariège ou entre La Rochelle et Nantes pour voir sa mère et ses beaux-parents.

  1. Son regard sur le basket

Éloigné des parquets, il suit toujours d’un bon œil le basket français et ses anciens clubs. “Aujourd’hui, on a de plus en plus de bons joueurs, très jeunes. Ce qui a changé par rapport à ma génération ? Quand tu étais jeune, tu prenais ce que tu avais à prendre. Tu ne rentrais pas sur le terrain prendre un tir directement, les mentalités ont changé, après ça a changé avec le basket qui va plus vite avec plus de shoot.”

Il porte toujours une certaine attention au basket brestois et suit les résultats du BMB avec un ami. En revanche, l’ancien numéro 12 de l’Etendard relève un point noir. “Je trouve dommage qu’ils aient détruit Cerdan. J’ai vécu de très belles choses dans cette salle. C’était tout le temps plein, il y avait une super ambiance”

Gamin va sur le terrain”

En 2001, Cédric Gomez n’était pas destiné à jouer avec les pros de l’Etendard la première saison mais un match amical dans “une salle à Recouvrance” le plonge dans le grand bain. “Le terrain était dur, ce n’était pas du parquet. Dans le dernier quart temps, les joueurs pros étaient à 5 fautes, il ne restait plus personne sur le banc. Yves Marie Vérove (entraîneur à l’époque) demande à Jimmy (Vérove) quel poste je jouais. Vu que j’étais meneur il me dit gamin va sur le terrain. C’était le début de l’année, il ne savait même pas comment je m’appelais.” La suite appartient à l’histoire…

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