Compte rendu audience

La récidive de trop qui mène à la prison pour ce jeune algérien 

L’acte de trop a eu lieu le 13 février dernier pour Monsieur Halioush. Ce jeune Algérien, récemment arrivé en France et sans domicile fixe, a été jugé en comparution immédiate le jeudi 15 février au Tribunal de Bordeaux pour tentative de vol et dégradation. 

Le prévenu est jugé pour trois infractions différentes commises le même jour à Pessac, le 13 février. C’est la troisième interpellation en moins d’un an sur le sol français, les trois fois pour les mêmes faits. Ce jeune Maghrébin, bien connu du tribunal des enfants de Pontoise, est condamné pour avoir volé un blouson et dégradé une voiture, ainsi que pour la tentative d’effraction et de dégradation dans deux habitations différentes. 

Dans une salle comble et à l’aide d’un interprète, le prévenu reconnaît les faits énoncés par le juge. Très calmement et en esquissant un léger sourire, le juge interpelle Monsieur Halioush : “Qu’est-ce que vous faisiez avec deux tournevis ?” Après quelques secondes d’attente, l’interprète répond au juge que le prévenu souhaitait ouvrir la voiture pour récupérer le blouson ainsi que rentrer dans une habitation pour squatter et manger. Selon le témoignage de la première victime non présente lors du jugement, M. H a quitté les lieux car il a eu peur d’un chien. 

Le juge interroge le jeune sans domicile fixe sur sa venue à Bordeaux. Malgré les va-et-vient incessants du public et des avocats, nous pouvions entendre l’interprète de M. H répondre que “un ami du prévenu l’a appelé pour un travail de plomberie”. Mais une fois arrivé à Bordeaux, ce dernier ne lui a plus répondu. L’interprète indique que M. H ne consomme pas d’alcool mais fume de la beuh et ingère des médicaments en grande quantité. “Ça me calme”, ajoute le prévenu. D’un air étonné, le juge demande au prévenu le contexte de sa prise de médicaments sans ordonnance. Ce seraient ses amis majeurs qui lui en auraient donné à son arrivée en France. Le juge invite le prévenu à s’asseoir. 

“Même pas un an et déjà 3 procédures pour les mêmes faits”, déclare d’un ton ferme le procureur. Pour lui, M. H doit être condamné. Il réclame 6 mois de prison et 2 ans d’interdiction de passage dans la commune de Pessac. 

“Il arrive du Maghreb, les mineurs se retrouvent dans les réseaux”, “il consomme pour oublier le trajet qu’il a fait pour arriver”. Pour l’avocate du prévenu, ce n’est pas que de la faute du prévenu s’il en est là aujourd’hui. Elle ajoute qu’il a besoin d’être aidé et que la peine demandée par le procureur est “sévère”. “Ça fait 8 mois qu’il n’a pas récidivé”, conclut l’avocate du prévenu en réclamant une peine avec sursis. 

M. H est condamné par le tribunal de Bordeaux à 6 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Autrement dit, le prévenu se rend directement en prison. Il devra également rembourser la somme de 400€ aux victimes ainsi qu’une interdiction de pénétrer dans la ville de Pessac pendant 2 ans. 

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